La musique m'envahit. Elle m'emporte et je me mets à fredonner. Je suis là seule à l'entendre. La musique n'est pas forte et mes écouteurs sont dans mes oreilles. La pluie tombe, elle mouille mes épaules dénudées, mes cheveux. Mes yeux se ferment. Je ne veux pas pleurer. Je veux rester forte. Trop tard. Une larme, une deuxième, une troisième. Et la cascade. Je me mets à tourner sur moi-même telle que le faisait la petite fille que j'étais, il y a quelque années. Mon maquillage dégouline laissant de longues traînées de noir sur mon visage. Prise d'un brusque excès de colère, je les efface et regarde le ciel. Je ne me laisserai pas faire. Un sourire trouve enfin sa place sur mes lèvres. Mes joues sont rougies par le froid, mes yeux par mes larmes. Je suis un peu perdu dans ma jupe violette, mon tee-shirt blanc et mes escarpins noirs. Je m'accroche les cheveux en une haute couette. Les gens sortent depuis que la pluie s'est arrêté. J'ai l'impression d'être une poupée perdue au milieu d'une foule de gens. Ils me lancent tous des regards étranges. Je consens que ma tenue est un peu étrange, que avec mes joues roses et mes yeux verts qui, brille d'une nouvelle étincelle, je dois être bizzard. Mais, je m'en fous. Mes ami(e)s arrivent et me parle. Je ne réponds pas et n'écoute pas. C'est ce jour-là, où moi, Rosy, la poupée brune, a grillé la politesse.